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5 civilisations Africaines organisées et hiérarchisées

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Focus sur 5 civilisations africaines durant leur période faste, avant l’arrivée des colons européens. Si certaines d’entre elles avaient des fonctionnements anarchiques comme les Ibo (Nigéria) ou les Malinké (Nord du Niger), ils existaient également des Etats avec des organisations cohérentes et hiérarchisées. On pouvait même trouver quelques aspects démocratiques, à une époque où ce débat n’existaient même pas chez les puissances européennes. Voici donc 5 civilisations africaines pré-coloniales structurées et hiérarchisées.

 

1. Les Mossi

Établis principalement à l’Est de la Haute-Volta durant le 13ème siècle (Burkina Faso), ils sont répartis en 4 royaumes avec une monarchie constitutionnelle. Le royaume principal, Morho-Naba, issu de la famille du même nom désigne son souverain par le biais d’un collège électoral composé de quatre ministres. Collège électoral, lui même présidé par un Premier Ministre qui représente l’ensemble des citoyens Mossi. Ces quatre ministres ont la particularité de ne pas être issus de la noblesse mais de milieu social modeste, voire même de famille d’esclaves. C’est le cas par exemple, pour le chef des esclaves de la couronne. Il représente les forgerons et il est aussi chargé d’exécuter les condamnés à mort. Les Mossi ont le souci d’avoir tous les corps de métiers représentés à la cour, afin de répondre à leurs requêtes. Contrairement aux monarchies absolues, le roi n’a aucun moyen de révoquer ses ministres une fois investits.

 

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2. Royaume Kuba

Les Bakuba (ou Kuba) sont issus de l’actuel République Démocratique du Congo. Ils connaissent leur âge d’or à partir du 17ème siècle, sous l’impulsion de Shamba Bolongongo. Un souverain qui a un goût prononcé pour l’art et incite d’ailleurs ses sujets à s’adonner à la pratique de la sculpture. Une initiative qui verra le peuple Kuba devenir une référence en matière d’art. En ce qui concerne leur organisation, le roi est considéré comme un personnage sacré. Cependant, la reine mère ainsi que la sœur du roi ne sont pas à négliger car l’accès au trône se fait uniquement via l’ascendance maternelle. Bien que le pouvoir du roi soit absolu, il est tout de même entouré par un conseil composé de six hauts fonctionnaires et quatre dignitaires. La constitution de ce conseil se fait parmi les différents milieux sociaux du royaume : clan royal, pygmées ou forgerons.

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Roi Kuba

3. La confédération Ashanti

Issu du peuple Akan, l’Empire Ashanti est un condensé des différents groupes Akan qui décident de se rebeller face à l’oppression du Denkyira. La rébellion menée par Osei Tutu, représentant des Oyoko, parvient à rassembler tous les Akan. Ils parviennent à renverser puis annexer le royaume Denkyira lors de la bataille de Feyiase au début du 18ème siècle. Au-delà de l’aspect stratégique et militaire, Osei Tutu s’est appuyé sur la diplomatie pour fédérer ainsi que construire cette victoire. Une diplomatie qu’il va utiliser pour constituer la confédération Ashanti. Tous les peuples qui se sont unis pour renverser le Denkyira peuvent ainsi conserver leur administration ainsi que leur armée. Ils participent également aux décisions concernant la politique étrangère, mais le centre décisionnel reste Kumasi. Quant au roi, il est choisi par un conseil de sage sous proposition de la reine mère. Comme chez les Mossi, c’est l’ascendance maternelle qui prédomine pour accéder au pouvoir. Cette décision est ensuite soumise au vote du peuple. En cas de manquement à ses devoirs, le roi peut être destitué par le conseil.

 

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Roi Ashanti

 

4. Royaume du Burundi

Les prémices de la puissance Burundaises apparaissent au 16ème siècle. On constate certaines similitudes, avec la monarchie absolue que l’on retrouve en France par exemple. Le roi est un personnage sacré qui serait doté d’essence et de semences divines. Il est considéré comme un père par son peuple et il doit maintenir l’ordre dans ses frontières. Pour ce faire, il s’appuie sur une administration de grands princes appelés Baganwa Bakuru. Ils possèdent un effectif conséquent à leur service et gouvernent les plus grands territoires du pays. Arrivent ensuite les petits princes (Baganwa Batoyi) , à la tête de régions les plus modestes. Viennent enfin les chefs de domaines royaux (issus des Hutu et Tutsi), qui gèrent simplement des collines. Si les princes avaient le privilège de gouverner les régions plus grands en superficie, elles étaient situées aux frontières du pays. Le roi craignait d’éventuels coups d’État, mais cela permettait également une meilleure défense du pays.

 

5. Royaume du Cayor (Kadior)

Initialement sous la domination de l’empire Djolof, le royaume de Cayor parvient à prendre son indépendance en 1549, lors de la bataille du Danki. Pour ce faire, le royaume s’est appuyé sur sa solide armée très organisée. Une organisation que l’on retrouve également au sein de ses institutions. Le souverain qu’on appel Damel, est élu par un conseil de 7 (qui correspond aux 7 grandes familles royales) et présidé par le grand Diaraff, représentant du peuple. Pour être éligible, il faut être descendant d’une princesse appartenant à la famille royale. D’ailleurs, il existe deux branches au sein du clan royale : les Madior et les Guedj. A la moitié du 18ème siècle, les Madior ne peuvent plus accéder au trône. Leur seul moyen est de mettre la main sur un des os du défunt souverain. Raison pour laquelle, le décès du Damel est gardé secret au moins 8 jours, le temps de préparer les obsèques officiels. C’est également à la moitié du 18ème siècle  (1865) que la France commence ses premières interventions militaires contre le royaume qui finit par céder en 1886.

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