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Interview de Tatou Dembele, fondatrice d’IvorianFood

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Tatou Dembele, 25 ans, Ivoiro-Canadienne, est la fondatrice d’IvorianFood, une plateforme et une application qui fait la promotion de la culture culinaire Ivoirienne. Rentrée en Côte d’Ivoire il y a à peine 3 mois, Malebo a tenu à en savoir davantage sur elle et sa startup. 

 

Parle-nous de ton parcours scolaire et professionnel

J’ai terminé ma classe de terminale en série ES au Lycée français Marie de France à Montréal en 2010, puis je suis rentrée à HEC Montréal en cohorte trilingue. J’ai fini par avoir un baccalauréat (Licence 3) en administration des affaires. Je me suis spécialisée en RH et en Marketing. J’ai terminé avec un DESS en Gestion des entreprises et un Master en Marketing digital. J’ai travaillé dans trois entreprises montréalaise. En parallèle, j’ai monté une start-up, autre que IvorianFood du nom de LithiumDigital qui développe des solutions mobiles.

J’ai ressenti le besoin d’affirmer mon identité culturelle, fortement différente de la culture dominante

Pourquoi avoir créé IvorianFood ?

Arrivée en 2007 au Canada dans mon nouveau lycée, j’ai ressenti le besoin d’affirmer mon identité culturelle, fortement différente de la culture dominante. Ce faisant c’est un pan de mon identité culturelle que je voulais faire découvrir à mes nouveaux camarades de classe. C’est ainsi que j’ai créé une page Facebook, du nom de Ivorian Food, pour y partager les images de la cuisine de mon pays. Le choix de l’anglais n’était donc pas anodin. De fil en aiguille, IvorianFood est devenu un blog, une application mobile, puis une entreprise. Elle est aujourd’hui une plateforme dynamique comptant plus de 13.0000 fans et followers sur les réseaux sociaux.

Pourquoi la cuisine ivoirienne en particulier et pas une autre ?

Je lie la cuisine ivoirienne à mes beaux souvenirs d’enfance. Je lie la cuisine, telle que je l’ai connue, aux manifestations culturelles heureuses, aux rassemblements familiaux festifs, à la simplicité et à la chaleur des rapports humains qu’entretiennent les ivoiriens. La cuisine ivoirienne rassemble fondamentalement les ivoiriens. C’est ce qui me plait. Elle représente donc un levier d’action fort pour parvenir à une paix durable et à mon humble niveau, j’y travaille. De plus, la cuisine ivoirienne s’enrichi des belles saveurs de la sous-régions, ce qui fait sa richesse !

As-tu une équipe à tes côtés ?

Oui, 5 collaborateurs, 1 employé à temps plein et 20 contributeurs. C’est un travail de longue haleine. Naturellement, il est difficile de demander le même niveau d’implication à chaque membre de l’équipe. Les résultats de nos efforts ne sont pas immédiats, raison pour laquelle, il faut être passionné, faire les choses avec beaucoup de volonté et enfin, il faut être patient.

La vie est belle quand on mange bien !

Si tu étais un plat Ivoirien, lequel serais-tu? 

Un joli pain de foutou bien rond et bien lisse, une sauce arachide légèrement pimentée, servie avec du machoiron fumé, un grand verre de bissap.

 

Pourquoi ne pas être resté au Canada ? Est-ce facile d’entreprendre en Côte d’Ivoire ? 

J’ai décidé de rentrer pour plusieurs raisons. Celles qui nous incombent ici sont simples. Je pense que pour développer les affaires, rien de mieux que d’être dans le feu de l’action, donc sur place en Côte d’Ivoire. Il est vrai qu’au Canada, il y a des facilités à entreprendre. Les personnes ressources et les mentors sont disponibles. Des concours sont organisés dans les arrondissements pour trouver des entrepreneurs proposant des solutions innovantes aux problématiques rencontrées dans les communautés, les entrepreneurs les plus méritants sont récompensés, etc. Il y a une culture de l’entrepreneuriat et un accompagnement réel. En côte d’Ivoire, les choses semblent différentes. Cela ne fait que quelques mois que je suis rentée et que je suis en affaire, alors je me garde de tirer des conclusions hâtives.

La patience est d’or

Quelles sont les qualités pour être entrepreneure et femme ?

Les qualités pour être entrepreneure je les connais. Les qualités pour être femme ? Je ne saurais répondre. (rire) Par contre, en ce qui concerne les qualités d’une femme entrepreneur, je peux m’avancer avec des éléments de réponse. Il faut être rigoureux. La patience est d’or, je pense que se hâter dans la prise de décision est une grande faute. Il ne faut jamais se laisser intimider par quiconque. Il faut savoir s’entourer des personnes de tous les corps de métier en affaire. Il faut être curieux et poser beaucoup de questions afin d’éviter les pièges. Le monde des affaires est un monde de requins. Il faut s’assurer que chaque acquis à une base solide. Il faut accepter l’idée que certains membres de la famille et quelques amis se sentent délaissés de temps à autre. C’est un mal nécessaire. Enfin, il est évident qu’il faille être flexible et ouvert d’esprit, cela dit, il est important de suivre les grandes lignes de son plan. 

Il faut foncer, forcer et faire au mieux.

Enfin, que diriez-vous aux jeunes qui veulent entreprendre ?

Il faut se lancer et se donner les moyens de ses ambitions sans rien attendre de personne, du moins dans un premier temps. La première question qu’on me pose ici en Côte d’Ivoire c’est « Comment as-tu obtenu le financement? ». Les personnes sont toujours étonnées de savoir que je n’ai reçu aucun financement externe. J’ai autofinancé mes activités parce que j’y ai toujours cru très fort. Ne vous asseyez pas sur vos belles idées prétextant ne pas avoir les moyens de les développer. Il y a toujours un point de départ, puis il faut foncer, forcer et faire au mieux.

Tatou Dembele est aussi une artiste qui peint des portraits réalises. Vous la retrouverez sur Facebook.

 

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