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La Conférence de Berlin : quand l’Afrique fut partagée

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Il y a 133 ans jour pour jour avait eu lieu la conférence de Berlin. Le 26 février 1885, après 3 mois de négociations, 14 pays dont la France sont parvenus à un accord sur le partage de l’Afrique. Cette conférence intervient 10 ans après celle de Bruxelles, initialement prévu pour interrompre la traite des noirs. Mais il est surtout question du Congo très convoité par le roi des Belges, Léopold II. Retour sur ces 3 mois et cette journée du 26 février 1885, qui entérina définitivement la colonisation de l’Afrique.

Une conférence sous le signe de l’apaisement 

Si les grandes puissances de l’époque ont décidé de se rencontrer, c’est avant tout pour éteindre les tensions naissantes. Au début des années 1880, la course aux ressources africaines est de plus en plus intense entre les différents pays européens. Les premières tensions apparaissent en 1881 entre la France et l’Italie avec notamment la présence française en Afrique du Nord qui ne plaît pas aux Italiens. Au Sud, ce sont les Britanniques et les Portugais qui sont en palabres concernant le Mozambique et l’Angola. Ces deux colonies portugaises contrarient le projet du Royaume-Uni de relier le Cap (Afrique du Sud) au Caire (Egypte).

De plus, les Allemands entendent également entrer dans la danse. En 1884, le Reich prend possesion du Togo, du Cameroun et du Sud-Ouest africain (Namibie). Sans oublier la Belgique qui a des vues sur le Bassin du Congo, qui reste un des derniers territoires africains non contrôlé par un pays européen. Sauf que la France en possède déjà une partie, après un accord entre Pierre Savorgnan de Brazza et un chef de la rive droite du fleuve Congo.

C’est dans ce contexte que débute la conférence de Berlin, le 15 novembre 1884. Une conférence où le chancelier allemand Bismarck veut être le médiateur de ce début de conflit.

Le Congo au centre des discussions

Cette réunion est dans la continuité de la conférence géographique de Bruxelles, organisée en 1876 par le roi des Belges. D’après Léopold II, il faut en finir avec la traite des Noirs exercée par les Arabes, mais également «civiliser» l’Afrique. Mais le souverain belge souhaite surtout établir un Etat indépendant du Congo. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il organise une expédition secrète en 1878, dirigée par l’explorateur britannique, Henry Morton Stanley.

La Belgique compte donc sur la conférence de Berlin, pour définitivement mettre la main sur le Congo. Tout en sachant que la France a déjà le monopole de la rive droite du fleuve. Un monopole rendu possible grâce à l’explorateur italien naturalisé français, Pierre Savorgnan de Brazza qui fondera en 1881 Brazaville. Et pour ne rien arranger, le Portugal estime qu’il possède ce territoire, sur l’appui de traités signés avec l’Empire Kongo. C’est d’ailleurs les Portugais qui formule les premiers, l’idée d’un sommet afin d’évoquer le partage du Congo. Idée très vite partagée les Allemands qui décident alors d’accueillir tous les pays concernés.

Résultats de la conférence

Après plus de 3 mois de discussions, les 14 pays participant parviennent à un accord le 26 février 1885. A noter que les pays africains et leur représentant, sont bien évidemment mis à l’écart des négociations. Les Belges repartent de Berlin avec ce qu’ils étaient venus chercher : la création de l’Etat indépendant du Congo (réparti sur plus de 2 millions de kilomètres carrés), dont Leopold II sera la souverain jusqu’en 1908. Sous la pression de l’opinion publique, le Roi sera contraint d’abandonner sa souveraineté avec une annexion du territoire, rebaptisé «Congo belge». La France récupère le nord-ouest du Congo qui deviendra «Congo-Brazaville», ainsi que la partie intérieure du Niger. Enfin les Portugais, initiateurs de cette conférence repartent plutôt bredouille. Ils conservent néanmoins, l’enclave du Cabinda, aujourd’hui province de l’Angola.

133 ans plus tard malgré la fin des colonies, certains pays africains semblent toujours dépendants de leurs anciens pays colonisateurs.

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