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Njinga de Ndongo : une véritable reine dure à cuire

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Pour conclure ce mois dédié à la femme, nous avons décidé de consacrer un portrait à une femme emblématique. Direction l’Angola, pour y (re)découvrir la reine Njinga de Ndongo. Elle reste comme la dernière souveraine à s’être battue contre les colons Portugais. Bien que les écrits et récits soient incomplets concernant cette période (16e et 17 siècle), les éléments regroupés par les différents historiens permettent de dresser un portrait de cette chef de guerre.

Déclaration de guerre

« Ainsi après avoir pesé toutes les conséquences avec la méditation qui se doit et après avoir noté que nous avons donné par missives antérieures la faculté ample et simple au roi Alphonse d’envahir, de rechercher, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous sarrasins et païens que ce soient et tout autre ennemi du Christ où qu’il soit […] ». C’est par ces mots que le Pape Nicolas V en 1454, autorise le roi du Portugal Afonso V de mener des conquêtes en Afrique et d’asservir tous les « sarrasins » et « païens ». En 1560, le navigateur Paulo Dias de Novais et son équipage débarque au Royaume Ndongo, l’actuel Angola. Avec l’aval du souverain portugais, ils ont pour mission de soumettre le peuple africain (étant hors de l’Eglise à l’époque), considéré comme infidèle et impure. A son arrivée, Dias se présente comme un ami envoyé par le Portugal afin d’établir des liens commerciaux et apporter leur connaissances. Mais la guerre éclate que 20 ans plus tard, après que le peuple Ndongo ait comprit les vraies intentions des conquistadors.

 

Nzinga, reine guerrière et stratège

La reine Nzinga de Mbandi vient au monde un an après le début de la guerre, en 1581. Son père Ngola Mbandi devient roi en 1592 et continue la résistance contre l’envahisseur portugais. Lorsqu’il meurt en 1617, son fils aîné Mani Ngola (frère de Njinga) lui succède, après avoir pris le soin de supprimer celui qui avait été initialement prévu par son père. Voyant que sa sœur Nzinga pourrait être également un obstacle à ses ambitions, il décide de la stériliser de force. Malgré cela, c’est Njinga de Ndongo qui est désigné pour aller négocier le traité de paix avec le gouverneur portugais, João Correia de Sousa. En arrivant à ce sommet, elle se voit proposer un tapis en guise de chaise tandis que le gouverneur est posé sur son trône. La reine demande alors à l’une de ses servantes, de s’agenouiller et s’asseoir sur son dos afin de traiter d’égal à égal. Durant cet entretien, de Sousa est surpris par l’assurance et l’éloquence de celle qui a également reçu une formation militaire

 Sachez, Monsieur, que si les Portugais ont l’avantage de posséder une civilisation et des savoirs inconnus des Africains, les hommes du Matamba, eux, ont le privilège d’être dans leur patrie, au milieu de richesses que malgré tout son pouvoir, le roi du Portugal ne pourra jamais donner à ses sujets.

Ces discussions débouchent finalement par un accord à l’issue desquelles, Nzinga se convertit au christianisme sous le nom de  Dona Anna de Sousa. Trois ans plus tard en 1624, les Portugais finissent par rompre le traité et le Roi Ngola trouve la mort lors d’une bataille. La désormais Anna de Sousa assure la régence pour son neveu sous le titre de Reine d’Andogo. Elle reprend aussitôt les armes contre les colons, place des femmes dans son gouvernement ainsi que dans l’armée. Son sens aiguisé de la stratégie militaire ainsi que de la diplomatie, lui permettent de repousser les assauts Portugais pendant très longtemps. Elle mène d’ailleurs ses troupes elle-même sur le terrain jusqu’à l’âge de 74 ans. Sa mort en 1663, à l’âge de 82 ans, enterre définitivement la domination lusitanienne en Afrique du Sud Ouest.

 

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