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Underground Railroad : le chemin de fer clandestin des afro-américains

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Le chemin de fer clandestin (Undergroud Railroad en anglais) était un réseau destiné aux esclaves afro-américains. Ce réseau leur permettait de fuir l’esclavage, du Sud vers le Nord des Etats-Unis. Les dates exactes ne sont pas connues mais les premières traces remonteraient à la fin du 18e siècle, pendant la guerre d’indépendance. Le chemin de fer clandestin aurait permis à près de 100.000 esclaves de retrouver leur liberté.

 

Underground railroad : plus qu’une route, un réseau

Bien que le réseau utilisait parfois les voies ferroviaires, la plupart des déplacements s’effectuaient à pied ou en chariot. Le chemin de fer clandestin n’était pas seulement une route. C’était surtout un ensemble de réseaux logistiques, permettant aux afro-américains de fuir leur condition d’esclave. Cela pouvait être des maisons pour accueillir les fuyards, des routes secrètes, des points de rencontres et surtout une aide fournit par les activistes abolitionnistes. L’appellation « Undergound Railroad » trouve également son origine, dans le vocabulaire utilisé par les membres du réseau. Les « chefs de trains », étaient par exemple chargés de déplacer les esclaves dans des « stations », distantes de 15 à 30 kilomètres. Ces stations, dirigés par les « chefs de gare », permettait aux esclaves de se reposer ainsi que de se restaurer. Mais avant tout cela, les chefs de trains devaient infiltrés les plantations, afin de pouvoir libérer les esclaves. Ce vocabulaire était surtout utilisé pour  garder la plus grande discrétion et éviter d’éventuel infiltrations de chasseurs d’esclaves.

En effet, la loi de 1793 (Fugitive Slave Acts) permettait aux autorités locales d’arrêter et rapatrier dans leur plantation, tous les esclaves en fuite ainsi que toute personne leur venant en aide. A cette époque, des réseaux d’exfiltrations voyaient déjà le jour, mais avec une organisation moins élaboré que le Underground Railroad. L’un des pionniers fût l’abolitionniste, Isaac T. Hopper, grâce à son réseau d’aide aux fugitifs à Philadelphie, au début des années 1800. Il était également membre des « Quakers », une organisation religieuse chrétienne fondait en Angleterre au 17e siècle et dont certains membres étaient des contre l’asservissement des hommes noirs.

Le chemin de fer clandestin aurait permis a près de 100 000 esclaves afro-américains de retrouver leur liberté. Cliquez pour tweeter

 

Harriet Tubman : « Moïse du peuple noir »

C’est probablement la plus connue des « chefs de gares » des chemins de fer clandestin. Née sous le nom d’Arminta Ross. Sa date de naissance reste floue car à l’époque les esclaves n’étaient enregistrés que sur les registres, mais il semblerait qu’elle a vu le jour entre 1820 et 1825, dans le Comté de Dorchester. Par la suite, elle choisit de s’appeler Harriet en hommage à sa mère. Celle que l’on surnomme « Moses of her people » (Moïse du peuple noir), serait de descendance Ashanti (actuel Ghana), mais aucune source fiable n’est en mesure de confirmer cette information. On peut en revanche confirmer une chose : elle a permit la libération de près de 300 esclaves en retournant 19 fois dans les plantations des états du sud. Avant d’être une grande figure de l’abolitionnisme, puis de la lutte contre le racisme, Harriet Tubman fût d’abord une esclave.

Séparée d’une partie de ses 9 frères et sœurs, elle fût très tôt en charge de ses frères cadets. Après s’être mariée avec un homme libre, elle songea à s’échapper avec ses frères. Après une première tentative en septembre 1849, elle retenta sa chance en solitaire peu de temps après. Elle bénéficia de l’aide des chemins de fer clandestins ainsi que des Quakers. Après un périple de 145 kilomètres, elle arriva finalement en Pennsylvanie. C’est alors qu’elle commença sa « carrière » de chef de gare, en avec notamment plusieurs voyages dans le Maryland, état duquel elle s’était échappée et où se trouvait encore sa famille. Elle réussit notamment, à exfiltrer sa nièce et ses deux enfants ainsi que quatre de ses frères. Malheureusement, sa sœur Rachel rendit l’âme en 1859, avant que Tubman ne puisse la secourir. Suite à la loi validée par le Congré  américain en 1850, obligeant même tout les Etats (y compris ceux qui où l’esclavage était abolit) à collaborer dans la chasse aux fugitifs,  Harriet Tubman aida de nombreux esclaves à fuir vers le Canada, considéré comme la « Terre Promise » pour certains esclaves. C’était en effet le seul endroit  du continent américain où les hommes noirs pouvaient vivre sans crainte d’être capturés. Harriet Tubman joua également un grand rôle durant la guerre de Sécession (1861-1865), durant laquelle elle s’allia avec l’Union (23 Etats principalement situés au Nord). L’Union, dirigé par Abraham Lincoln, était en faveur de l’émancipation des esclaves. Une grande avancée selon Tubman, qui n’hésita pas à jouer les espions en faveur des Etats du Nord. Après la guerre de Sécession, elle s’engagea pour la défense des droits afro-américains et des femmes. Elle participa à plusieurs conférence sur la Côte Est concernant le droit de vote des femmes aux Etats-Unis. Harriet Tubman passa ses derniers jours dans un hospice pour afro-américains,qu’elle avait en parti fondée. Des billets de 20 dollars à son effigie, devrait être disponible à partir de 2020.Elle également inscrite au National Women’s Hall of Fame.

 

Comités de Vigilance

Le réseau des chemins de fer clandestins a également pu compter sur les comités de Vigilance  (Vigilance committee en Anglais) pour extraire de nombreux esclaves. Ils ont notamment pu s’appuyer sur ceux de New York (1835) et Philadelphie (1838), spécialement crées pour protéger les fugitifs, des chasseurs d’esclaves. Dans la lignée du Underground Railroad, les Vigilance Committee offraient des vêtements, de la nourriture ainsi qu’un toit aux esclaves en fuite. David Ruggles était l’un des leaders du Committee of Vigilance de New York. Il fût l’un des premiers à découvrir le système mis en place par les chemins de fer clandestin, ce qui le poussa à créer ce comité. En effet, les esclaves fugitifs étaient toujours à la merci des « bounty hunters » (chasseurs d’esclaves) qui sévissaient également dans les Etats où l’esclavage était abolit. Le Vigilane Committee of New York a notamment permis à Frederick Douglas de devenir l’un des plus célèbres abolitionnistes de son époque. Très instruit malgré son statut d’esclave, il parvient à s’enfuir et se réfugier à New York après un périple de 24 heures. Après quelques jours, il atterrit dans l’un des refuges du Comité de Vigilance de New York grâce à David Ruggles. Un épisode que Frederick Douglas n’oublis pas de mentionner dans sa biographie La Vie de Frederick Douglass, un esclave américain, écrite par lui-même  « J’étais depuis quelques jours à New York lorsque David Ruggles m’a ramené dans un refuge situé près d’une Eglise. » Le Committee de Vigilance of New York a officiellement opéré jusqu’en 1860, venant en aide à 2700 personnes.

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