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Yaa Asantewaa, Reine Mère d’Ejisu

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Ce mois de mars, marqué par la journée internationale des droits de la femme est l’occasion de se remémorer les personnalités ayant marqué l’histoire. L’une d’elles, Yaa Asantewaa, aussi connu comme la reine mère d’Ejisu, fut une grande figure de la rébellion de l’empire Ashanti (actuel Ghana) à la fin du 19e siècle, face aux colons Britanniques. Voici son histoire.

L’empire Ashanti

Yaa Asantewaa est issue du groupe Ashanti, principale ethnie de l’actuel Ghana. Les Ashantis ont commencé à bâtir leur empire à la fin du 17e siècle, sous l’impulsion de Osei Tutu premier roi Ashanti. Au début du 18e siècle, l’empire continue son expansion, sur les côtes notamment où ils doivent faire face aux Fantis, soutenus par les Anglais. En 1806, le départ des Britanniques permet aux Ashantis de poursuivre leur quête. Mais en 1831, un traité signé avec le Royaume-Uni les obligent à faire une croix sur leurs conquêtes costières.

Description de l'image Kingdom of Ashanti (Asanteman).jpg.
Carte de l’empire Ashanti

Yaa Asentewaa, cheffe de guerre

Cet accord est surtout le point d’orgue de la colonisation britannique, qui tentent d’ailleurs à plusieurs reprises de s’emparer de Kumasi, capitale de l’empire. Malgré cela, les futurs Ghanéens continuent de résister à l’empire britannique. Une femme va symboliser cette résistance : Yaa Asentewaa. Née vers 1840, elle devient régente en 1894 après la mort de son frère, le roi Nana Kwasa Afrane Okpese. Elle choisit comme successeur, son petit-fils Ejisuhene qui sera fait prisonnier et exilé en 1896. Et pour mettre définitivement fin à la rébellion, le gouverneur envoyé par le Royaume-Uni,  Frederick Hodgson réclame le « tabouret d’or », symbole de la nation Ashanti. Cet affront en est trop pour la reine mère qui convoque une réunion secrète afin de faire revenir le roi. Mais des désaccords apparaissent au sein de la résistance, c’est alors que Yaa Asentewaa tape du poing sur la table : « Je dois vous dire ceci : si les hommes d’Ashanti ne vont pas au front, nous le ferons. Nous, les femmes, nous le ferons. Nous nous battrons ! Nous nous battrons jusqu’à ce que la dernière d’entre nous tombe sur le champ de bataille. » La reine joint l’acte à la parole en créant le mouvement de révolte de 1900, qui tente de reprendre le fort de Kumasi. Après des mois de bataille, les Britanniques envoient près de 1500 hommes et mettent fin la rébellion. L’empire  Ashanti devient un protectorat britannique et Yaa Asentewaa est capturée puis exilée aux Seychelles en 1902, où elle rend l’âme 20 ans plus tard.

Yaa Asantewaa, reine mère de l'empire Ashanti

L’héritage de la Reine Mère

En 1924, son petit fils le roi Prempeh I et sa cour sont autorisés à revenir sur leur terre. Il en profite pour faire rapatrier le corps de la reine déchue. Le Ghana reste le premier pays d’Afrique noir à obtenir son indépendance en 1957. Trois ans plus tard, la « Yaa Asentewaa Girls’s Secondary School » (l’équivalent du collège en France) voit le jour à Kumasi.  À noter également que plusieurs constructions traditionnelles Ashanti sont désormais classées Patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

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